Mon premier HYROX : ce que cette préparation m'a appris sur la nutrition sportive
Il y a quelques semaines, j’ai participé à mon premier Hyrox à Lyon, en duo Open Femme.
Pendant cinq mois de préparation, dont sept semaines particulièrement intensives suivies de deux semaines d’affûtage, j’ai vécu ce que beaucoup de sportifs me décrivent au cabinet : la fatigue, les contraintes du quotidien, les ajustements alimentaires et la discipline nécessaire pour tenir un plan jusqu’au bout.
Cette expérience m’a rappelé une chose essentielle :
La nutrition ne remplace jamais l’entraînement. En revanche, elle permet de tirer le meilleur de tout le travail accompli avant la compétition.
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La préparation ne se joue pas uniquement à l’entraînement
Lorsque l’on prépare une compétition, on pense naturellement aux séances d’entraînement.
Pourtant, ce qui se passe dans l’assiette entre deux séances influence directement la qualité du travail réalisé.
C’est probablement l’un des enseignements qui m’a le plus marquée durant cette préparation.
Les week-ends, notamment, ont été très révélateurs.
Comme beaucoup, j’avais envie de continuer à profiter des invitations, des repas entre amis ou des moments de convivialité. Renoncer à toute vie sociale n’était ni souhaitable ni compatible avec mes valeurs.
Lorsque mon alimentation était moins adaptée, je ne réalisais plus mon entraînement : je le subissais !
Cette expérience m’a rappelé qu’en nutrition sportive, il ne s’agit pas d’être parfait. Il s’agit de trouver le bon équilibre entre performance, plaisir et vie sociale. Ca m'a permis de me connaître encore mieux : quels aliments, quelle quantité... avaient un impact direct sur la qualité de l'entrainement du lendemain !
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La discipline invisible de la préparation
On parle souvent des kilomètres parcourus, des séances de renforcement ou du volume d’entraînement.
On parle beaucoup moins de la discipline alimentaire nécessaire pour accompagner cette préparation.
Même si c'est vrai tout au long de la prépa, c’est lors des deux semaines d’affûtage que je m’en suis rendu compte :
les entraînements diminuaient pour le repos, mon appétit diminuait lui aussi, logique. Pourtant, je devais maintenir des apports glucidiques élevés pour optimiser mes réserves énergétiques avant la course.
Pour palier au volume non infini de mon estomac, j’ai dû faire des concessions => j'ai réduit les fibres, diminué les légumes et adapté mes repas pour laisser davantage de place aux glucides.
Malgré cela, je n’arrivais pas toujours à consommer les quantités prévues.
Les trois derniers jours, je me suis mise à programmer des alarmes entre mes rendez-vous pour ne pas oublier certaines collations :-)
À ce moment-là, j’ai compris très concrètement ce que certains sportifs me disent en consultation :
“Je sais ce que je dois manger, mais je n’y arrive plus.”
Comprendre cette difficulté intellectuellement est une chose. La vivre soi-même en est une autre...
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Le système digestif fait aussi partie de l’entraînement
S’il y a un élément souvent sous-estimé dans la préparation d’une compétition, c’est le système digestif.
Au fil des semaines, certaines séances de course à pied de résistance au seuil ont été particulièrement instructives.
J’ai appris à repérer l’allure à partir de laquelle les nausées apparaissaient. J’ai appris à quel moment prendre la dernière prise alimentaire avant un entraînement intense. J’ai appris à reconnaître les signaux envoyés par mon corps...
Ces détails peuvent sembler anecdotiques. Pourtant, ils construisent une stratégie nutritionnelle efficace.
Le jour d’une compétition n’est pas le moment de découvrir comment son estomac réagit.
Le système digestif se prépare et s'entraîne, lui aussi.
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Le jour J : quand la théorie rencontre la réalité
Le jour de la course, tout était planifié => j’avais préparé mon repas : du riz et du poulet, soigneusement emportés dans un Tupperware.
Pourtant, quelques heures avant le départ, impossible d’y toucher.
Il faisait chaud. J’avais beaucoup bu d'électrolytes. J’avais la bouche sèche et l’estomac noué.
Heureusement, j’avais prévu plusieurs options : du pain de mie avec du miel, des compotes et des bananes.
Finalement, ce sont ces aliments-là qui m’ont permis de respecter ma stratégie nutritionnelle.
Cette situation résume parfaitement ce qu’est une préparation réussie : avoir un plan, mais aussi savoir s’adapter.
Pendant la course, qui a duré un peu plus d’une heure et demie à haute intensité, un autre épisode m’a confortée dans cette idée.
Au troisième run, j’ai bu quelques gorgées d’eau. Immédiatement, j’ai senti une gêne digestive apparaître.
À cet instant, je me suis rappelé tout ce que j’avais appris pendant mes séance de résistance sur mon confort digestif => j’ai arrêté de boire systématiquement. Je me suis contentée d’humidifier ma bouche à certains ravitaillements sans forcément avaler. J’ai écouté mes sensations.
Je me suis simplement dit :
“Fais-toi confiance. Tu as préparé ça.”
Au septième run, alors que la fin de course approchait, j’ai eu une certitude : toute cette préparation avait payé.
La préparation physique, bien sûr. Mais aussi toute la stratégie nutritionnelle construite au fil des mois.
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Ce que je retiens de cette expérience
Lorsque j’ai franchi la ligne d’arrivée avec ma binôme Margo, j’ai évidemment ressenti la satisfaction d’avoir relevé ce défi.
Mais au-delà du résultat, cette expérience a renforcé ma conviction que la nutrition fait pleinement partie de la préparation sportive. Elle ne se résume pas à manger des pâtes la veille de la compétition ou à quelques conseils donnés la semaine précédente.
Elle se construit progressivement, se teste, s’ajuste et s’entraîne.
Aujourd’hui, je comprends encore mieux ce que vivent les sportifs que j’accompagne.
Je pensais déjà comprendre les difficultés liées à la discipline alimentaire, à l’organisation des repas ou à la gestion des sensations digestives.
Les vivre personnellement m’a apporté une perspective différente.
Et si je devais retenir une seule phrase de cette expérience, ce serait celle-ci :
La nutrition ne remplace jamais l’entraînement. En revanche, elle permet de tirer le meilleur de tout le travail accompli avant la compétition.
Car si la nutrition ne fait pas gagner une course, elle peut clairement la faire perdre.
À l’inverse, lorsqu’elle est adaptée, elle permet de rendre honneur à toutes les heures investies dans la préparation.
Aujourd’hui, lorsque j’accompagnerai un sportif dans la préparation d’un challenge, je ne vois plus seulement un plan nutritionnel. Je vois l'organisation, les nuances à apporter en fonction de sa vie et ses valeurs, les repas à anticiper, les week-ends à concilier avec la vie sociale, les collations qu’il ne faut pas oublier, les doutes avant le départ et toutes ces petites décisions qui, mises bout à bout, construisent une préparation réussie.
C’est probablement ce que ce premier Hyrox m’a appris de plus précieux.
Merci à Sparte et training Compagnie pour la prépa physique et à Margo ma binôme pour ce premier Hyrox que je n'oublierai jamais.
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